L'imam al Albani,
qu’Allah lui fasse miséricorde, rapporte un hadith dans sa
«
Silsila » des ahadiths authentiques.
Ce
hadith est rapporté par l'imam Ahmed, d'après Mouslim ibn Abi
Bakra, d'après son père que le Prophète, ‘alayhi salât wa
salâm, est passé devant une personne qui était en prosternation
alors que lui se dirigeait pour prier. Ensuite, après avoir accompli
sa prière, il est repassé devant cette personne qui était toujours
en prosternation.
Le
Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a dit alors en s'adressant aux
personnes autour de lui :
«
Qui est prêt à tuer cette personne ? »
Alors
un de ses compagnons s'est levé et a dégainé son sabre tout en
l'agitant et a dit :
«
Ô Prophète d'Allah ! Comment vais-je tuer un homme qui est en
prosternation et qui témoigne qu'il n'y a point de divinité
méritant l'adoration si ce n'est Allah et que Mohamed est son
serviteur et messager ?»
Alors
le Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a réitéré une nouvelle
fois:
«
Qui est prêt à tuer cette personne ? »
Alors
une autre personne s'est levée et a fait la même chose que son
prédécesseur (c’est à dire qu’elle a dégainé son épée et a
formulé le même avis).
Alors
le Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a dit :
«
Par Celui qui détient mon âme en Sa main, si vous l'aviez tuée
cela aurait été la première et la dernière fitna. »
Dans
une autre version de ce hadith qui est rapporté par Anas, il est
précisé que la première personne qui s'est levée et qui a dégainé
son épée était Abou Bakr, qu’Allah l’agrée, et la seconde
était ‘Omar, qu’Allah l’agrée.
Le
hadith se poursuit de la manière suivante:
Le
Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a dit :
«
Qui parmi vous se lève et le tue ? »
‘Ali,
qu’Allah l’agrée, a dit :
«
Moi ! » et le Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, de
rétorquer :
«
Toi, mais si tu arrives à l'atteindre. »
Alors
‘Ali, qu’Allah l’agrée, s’enquit pour le trouver et revint.
Et
le Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, lui dit :
«
Est-ce que tu as tué cette personne-là ? »
‘Ali
lui a alors répondu :
«
je ne sais pas où il est parti. »
Le
Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a ensuite dit :
«
Ceci est la première corne qui sort de ma communauté [c'est-à-dire
la corne du diable], si tu l'avais tué alors il n'y aurait pas eu de
divergence dans ma communauté entre deux personnes [c'est-à-dire
qu’il n'y aurait pas eu de schisme et de division].»
Ensuite,
dans une autre version toujours rapportée par l'imam Ahmed, d'après
Abi Said Al Khoudri qui rapporte une version similaire à celle du
hadith précédent et dans laquelle le Prophète, ‘alayhi salât wa
salâm, va apporter une description précise de cette personne et de
ses semblables. C'est-à-dire que le Prophète, ‘alayhi salât wa
salâm, évoque dans ce hadith les caractéristiques des Khawâridjs,
parmi elles le fait par exemple qu’ils lisent le Coran sans en
comprendre le sens, pour enfin en arriver à dire qu'ils sont les
pires des créatures.
«
Tuez-les ceux sont les pires des créatures ! » Ce que l’on
peut retenir de cette histoire rapportée dans ce hadith, c'est que
l’apparence extérieure des Khawâridjs, nous laisserait penser
qu’ils seraient des gens pieux suivant le droit chemin.
Et
la preuve en est que ‘Omar et Abu Bakr, qu’Allah les agrée, ont
dit au Prophète, ’alayhi salât wa salâm :
«
Comment va-t-on tuer une personne qui prie et qui témoigne de la
chahada ? »
Et
que lorsqu'ils sont passés devant lui, ils ont vu une personne qui
priait en toute humilité et qui avait une longue adoration, une
adoration intense.
La
preuve est que le Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, est parti
prier, il l'a vu en soujoud (prosternation) et lorsqu'il est revenu
de sa prière, il était encore en soujoud. Également, dans ce
hadith, il apparaît qu'à travers les Khawâridjs, la première
grande fitna du diable est apparue dans cette communauté, lorsque le
Prophète, ‘alayhi salât wa salâm, a dit :
«
C'est la première corne qui apparaît (c'est à dire la corne du
diable). »
De
même, ils sont la base de la fitna, de la division, du schisme qui
sont apparus dans cette communauté.
La
preuve en est que le Prophète, ‘alayhi salâm wa salât, a dit :
«
Si cette personne avait été tuée, alors il n'y aurait pas eu de
schisme dans la religion. » c'est-à-dire que cette fitna qui
serait apparue, la fitna de tuer cette personne, aurait été la
première et la dernière.
On
demande à Allah Jalla wa ‘Ala de nous préserver de la fitna des
Khawâridjs et de ceux qui suivent leurs traces.